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Origines Objectifs
Le CIOFF, organisation non gouvernementale internationale, est fondé en 1970 par Henri Coursaget (France). L'organisation va alors régulièrement s'étendre à de nouveaux membres, de nouveaux pays, et élargir son action à de nouvelles activités.
Dans les années 90, les membres du CIOFF, répartis en 71 Sections Nationales, 4 Membres Associés et 1 Membre Correspondant couvrent les secteurs géographiques suivants:
- Amérique Latine
- Amérique du Nord
- Asie et Océanie
- Europe du Nord
- Europe du sud
- Europe Centrale
Toutefois faute de moyens financiers suffisants, l'Afrique reste longtemps le parent pauvre de l'action du CIOFF. Et outre les collaborations menées ponctuellement et l'adhésion de quelques pays en tant que membre associé, on ne peut pas parler véritablement d'intégration de ce continent au réseau international de l'organisation ni de représentation significative.
En 1989, Henri Coursaget, alors Président du CIOFF, participe à la réunion sur la paix à Yamoussoukro (Cote d'Ivoire) organisée par l'UNESCO. Cette rencontre constituera le prélude à la tenue de la réunion du Conseil du CIOFF, la même année, à Abidjan. A cette occasion, 7 pays africains participants créent la Fédération Africaine des Arts Populaires, présidée par Alexise Gogoua, qui devient le premier Membre Associé africain du CIOFF.
En 1990, Jean Roche (France) participe à la réunion d'experts de l'UNESCO qui se tient à Yaoundé (Cameroun) sur la Préparation d'un plan d'action pour la promotion des arts de la scène en Afrique.
En 1997, le CIOFF est admis en tant qu'ONG entretenant des relations formelles de consultation avec l'UNESCO. Jean Roche est nommé Délégué Permanent du CIOFF auprès de l'UNESCO. En 1998, son Directeur général Federico Mayor signe une convention avec le Président du CIOFF Kari Bergholm. Dans ce contexte, l'UNESCO accorde au CIOFF une représentation permanente au sein de ses locaux à Paris ainsi que le budget nécessaire à la mise en œuvre du Projet CIOFF Afrique.
Le programme Afrique peut alors véritablement débuter. Jean Roche, Président du secteur Europe du sud et Afrique, est chargé de la coordination du Programme Afrique CIOFF-UNESCO. Ariane Guaita est nommée au poste d'assistante.
Dans un premier temps, le projet est dirigé en faveur des pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale. La première réunion régionale pour cette zone est organisée à Bingerville en février 1999 (Côte d'Ivoire) à l'occasion du MASA. Elle regroupe la participation de représentants du : Bénin, Burkina Faso, Gambie, Cameroun, Cote d'Ivoire, Rép. Centrafricaine, Niger, Mali, Sénégal, Togo et Rép. Démocratique du Congo. Cette réunion constitue le premier rendez-vous des pays de la zone sur place et permet de lancer officiellement le réseau CIOFF en Afrique.
De plus, à cette occasion, le CIOFF organise conjointement avec le Conseil International de la Musique (CIM), ONG dont il est membre depuis 1975, le premier atelier sur " l'utilisation des musiques et danses africaines comme outils pédagogiques par les enseignants ". Cet atelier est organisé avec le soutien de l'UNESCO et de la Fondation Rockefeller et regroupera la participation de 30 pays membres de ces deux ONG.
En avril 1999, la Section Nationale Centrafricaine, sous la présidence de Béatrice Epaye, initie le premier festival CIOFF en Afrique : le " Festival de Danses et Musiques Traditionnelles de Centrafrique ". Il est placé sous le thème " Avec nos minorités, consolidons la paix dans notre Sous-Région " qui regroupe toutes les ethnies, alors en guerre, du pays.
Dès l'année 2000, la deuxième phase du projet est engagée en faveur des pays d'Afrique du sud.
En mai 2003, une réunion régionale pour les pays d'Afrique Australe est organisée par le CIOFF dans le cadre du festival SADC à Pretoria (Afrique du sud) avec le soutien du bureau régional de l'UNESCO à Maputo. Les représentants de diverses associations culturelles, des représentations culturelles gouvernementales nationales et provinciales sont réunis. Le Botswana, l'Afrique du sud, le Mozambique, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe se rencontrent à cette occasion et signent une Déclaration d'Intention de former un réseau régional CIOFF pour les pays d'Afrique Australe.
En avril 2004, les pays de la zone Océan Indien seront conviés à Madagascar à une prochaine réunion régionale en vue de la sensibilisation au réseau CIOFF des pays de la zone.
Depuis sa fondation, le CIOFF oeuvre pour la sauvegarde et la diffusion de la culture traditionnelle et populaire. Par son action, le CIOFF vise les objectifs suivants :
- Promouvoir le patrimoine immatériel à travers les formes d'expression telles que : la danse, la musique, les jeux, les rites, les coutumes et autres arts,
- Servir les objectifs de l'UNESCO,
- Soutenir les activités de ses membres et coopérer avec toute autre organisation active dans le domaine du patrimoine culturel immatériel,
- Œuvrer, en réalisant ces objectifs, en faveur d'une culture de la paix et de la non-violence.
A travers la mise en œuvre de ses différentes activités, il s'agit pour le CIOFF de se poser en tant qu'acteur du dialogue interculturel, envisagé comme vecteur de compréhension mutuelle et de paix. Dans cet esprit, le CIOFF s'attache également à sensibiliser la jeunesse à cette problématique. Dans ce cadre, l'organisation entreprend un programme de sensibilisation et de transmission de la culture traditionnelle aux enfants et aux jeunes.
En Afrique plus particulièrement, il s'agit de faire reconnaître la culture traditionnelle comme témoin et expression vivante du patrimoine culturel et comme richesse. Richesse qu'il est impératif de sauvegarder, de transmettre et de promouvoir et au-delà, de l'envisager en tant que vecteur de développement pour ce continent.
La participation d'ensembles traditionnels aux festivals CIOFF dans le monde constitue, certes, l'élément le plus visible du travail de l'organisation. Mais au-delà d'un vaste réseau international de festivals et l'échanges d'artistes, le CIOFF a pour mission la mise en réseau des acteurs concernés par le patrimoine culturel immatériel : communautés locales, autorités culturelles nationales et internationales, porteurs de savoirs, créateurs, pédagogues, scientifiques, décideurs politiques, associations locales et nationales.
Le travail du CIOFF, consiste aussi à s'impliquer dans des grands évènements africains comme le Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA) à Abidjan (RCI), le Festival Panafricain de la Danse (FESPAD) à Kigali (Rwanda) à travers la programmation de formations artistiques et l'organisation d'ateliers et de rencontres professionnelles sur des thématiques diverses.
S'insérer dans les thématiques/problématiques récurrentes relève est capital pour le CIOFF. C'est dans cette perspective que le CIOFF Cote d'Ivoire a créé le Festival de l'eau H2O à Nigui-Saff et qui s'insère aujourd'hui dans le réseau international des festivals de l'eau. Ce thème est cher à l'Afrique et l'ONG s'attache à l'aborder sous son aspect culturel.
Voilà quelques exemples d'actions que mènent le CIOFF à travers ses membres en Afrique qui doivent être perçues comme autant d'encouragement vers de nouveaux évènements, initiatives et partenariats. Tout au long des ses actions, il s'agit d'appréhender la culture en tant que facteur de cohésion, d'envisager et (r)établir la culture comme un vecteur de dialogue et de paix entre les peuples et de la considérer, notamment pour l'Afrique, comme un vecteur probant de développement.
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